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Identité et famille : répondre aux discours réactionnaires

Les questions d’identité et de famille suscitent parfois des inquiétudes sincères, souvent nourries par des discours simplificateurs et alarmistes. A l’occasion des élections municipales, nous proposons quelques repères pouvant servir d’appui pour dialoguer sereinement avec des personnes autour de vous qui expriment des angoisses ou des doutes – et seraient tentées par un vote réactionnaire. L’objectif n’est pas de nier les préoccupations, mais de fournir des éléments permettant d’échanger sans crispation ni caricature.

Nice ne doit pas devenir un champ de bataille identitaire ou culturel

Beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes ont le sentiment que le monde change vite. Trop vite parfois. Les repères semblent bouger, certains et certaines ont le sentiment de perdre leur place, et les débats en deviennent plus irrationnels et se durcissent. Ce malaise mérite d’être entendu. Mais il ne doit pas être instrumentalisé, encore moins s’il s’agit de produire de la discrimination ou de la haine envers l’autre.

À l’échelle municipale, la vocation d’une mairie n’est pas d’écrire les lois nationales sur la famille, l’identité ou la bioéthique. Une municipalité doit défendre la tranquillité et la cohésion locale. Ses priorités sont concrètes : écoles, sécurité, logements, qualité de vie, propreté, mobilité, accès aux soins, services aux seniors, gestion budgétaire rigoureuse, urbanisme maîtrisé. Dans une ville, on vit côte à côte. La règle est simple : le respect mutuel. Une mairie n’est pas un champ de bataille, c’est une maison commune. Continuer la lecture de Identité et famille : répondre aux discours réactionnaires

Voter, c’est choisir la démocratie !

15 & 22 mars 2026 – Élections municipales

Pourquoi voter contre l’extrême-droite?

Face à l’extrême-droite : choisissons la démocratie, pas la peur

L’extrême-droite prospère toujours sur les mêmes ressorts : la peur, la désignation de boucs émissaires, la simplification brutale de problèmes complexes. Elle prétend défendre “le peuple”, mais le divise. Elle parle d’ordre, mais fragilise les institutions ; invoque la nation, mais affaiblit l’État de droit. Elle trahit notre tradition républicaine.

Une mécanique connue

L’histoire est claire : l’extrême-droite n’accède jamais au pouvoir en annonçant la fin des libertés, mais en promettant protection, identité, sécurité. Derrière un discours prétendument social, l’extrême-droite s’oppose aux droits syndicaux, protège les intérêts des plus puissants, fragilise la protection sociale, affaiblit les services publics. Progressivement, la presse devient suspecte, les juges “politisés”, les associations “ennemies”, les opposants “traîtres”. Le clientélisme, par contre, y fleurit. Ce processus est graduel, banal, normalisé.

La démocratie ne disparaît pas toujours brutalement : elle s’érode au nom de “l’ordre”, de “l’efficacité”, de la “volonté du peuple” et trop souvent de la “faute des autres”. Elle est incompatible avec une vision autoritaire et identitaire du pouvoir. Continuer la lecture de Voter, c’est choisir la démocratie !

Manifestation antiraciste et antifasciste à Nice le 17 janvier

Le 13 décembre 2025, Nice a été le théâtre d’une violente agression raciste. Des jeunes ont été pris pour cible uniquement en raison de leur apparence, de leur origine supposée, par une quinzaine de néonazis cagoulés.

Ce n’est pas un fait divers. Ce n’est pas non plus un fait isolé. C’est un acte politique, et le symptôme d’un racisme systémique et institutionnel qui frappe à tous les niveaux : discriminations à l’embauche, à l’accès à la santé, au logement…

Face à ces violences, physiques et institutionnelles, un silence assourdissant domine du côté du pouvoir, à Nice comme ailleurs. Ce silence n’est ni neutre ni anodin : il nourrit l’impunité, banalise la haine et laisse prospérer l’extrême droite violente dans nos rues.

Nous refusons que Nice devienne un terrain de chasse pour les fascistes. Nous refusons que le racisme, le sexisme et les LGBTQIA+ phobies s’installent comme une norme tolérée.

L’extrême droite tue. Et quand les coupables ne sont jamais arrêtés, quand les plaintes sont ignorées, quand les victimes sont moquées, il est alors du devoir du peuple de se lever.

C’est pourquoi nous appelons à une manifestation antiraciste et antifasciste, pour reprendre l’espace public, pour que toutes et tous se sentent en sécurité dans toutes les rues de Nice.

Lieu :  Gare de Nice-Ville
Date : 17 janvier 2026
Heure : 14h

Nous appelons toutes celles et ceux qui combattent le fascisme et le racisme sous toutes leurs formes à se rassembler massivement. Pour la dignité. Pour l’égalité. Il faut que la peur change de camp.

Nous sommes toutes et tous antifascistes !

Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, comité de NICE-GRASSE,
Association Tous Citoyens !
Alternatiba 06
Emmaüs Roya
Réseau éducation sans frontières 06
Droit au Logement 06
Solidaires 06
Collectif contre attaque antiraciste
collectif droit des femmes
Front populaire etudiant
Habitat et citoyenneté
CGT Union Départemental 06
LDH Puget-Théniers et vallées Maralpines
Ligue des droits de l’Homme Nice
NPA 06 Jeunesses Anticapitalistes 
Vallées Solidaires 06
Fédération Syndicale Unitaire 06
Association pour la démocratie à Nice
Rassemblement Viva
Indignons Nous Nice 06
Planning Familial nice
Jeunesse Communiste
La France Insoumise 06
Institut Meriem
Insoumis Antiracistes et Antifascistes Azuréens
Toleran’sport
Indignons-nous Bloquons-tout 06
Ensemble pour une gauche alternative
Le Mouvement de la Paix des Alpes Maritimes
Oxfam Nice
Roya Citoyenne
Alternative Communiste alternative communiste 06
ATTAC 06
PCF 06
Les Lucioles 06

Elections municipales 2026 : inscrivez-vous sur les listes électorales !

Les 15 et 22 mars prochains, les niçoises et les niçois devront élire le prochain ou la prochaine maire. L’AdN restera fidèle à sa ligne et appellera à voter pour les listes ne prônant ni la haine, ni les discriminations. En attendant la publication des listes de candidatures définitives, assurez-vous d’être bien inscrit·e sur les listes électorales afin de pouvoir voter, et faites inscrire les personnes autour de vous qui ne le seraient pas.

Nous publions donc un kit que nous vous invitons à faire circuler ou afficher sur vos lieux d’activité. Ce document explique les grands principes relatifs au conseil municipal, au processus d’inscription et aux procurations (si vous pensez ne pas être présent·e le jour du vote).

N’hésitez pas à nous faire vos retours, nous mettrons ce document à jour si les textes de loi sont modifiés d’ici le scrutin.

Action commune aux frontières intérieures le 6 décembre 2025

10 ans de rétablissement des contrôles aux frontières par la France
10 ans de droits bafoués des personnes exilées

À l’occasion de cette fin d’année 2025, qui marque le dixième anniversaire du rétablissement des contrôles aux frontières intérieures en France, des associations et collectifs se mobilisent ce 6 décembre pour dénoncer les conséquences d’une politique attentatoire aux droits des personnes exilées.

Depuis novembre 2015, les autorités françaises ont, sans cesse, renouvelé abusivement les contrôles à toutes les frontières intérieures terrestres et aériennes, faisant ainsi exception au principe de liberté de circulation dans l’espace Schengen. En contradiction avec le droit européen, qui, dans sa réforme de 2024, limite la durée maximale du rétablissement des contrôles à deux ans, avec une possible prolongation de deux fois six mois dans des cas exceptionnels, la France a réintroduit les contrôles en continu depuis 10 ans.

Quotidiennement, à Menton, Montgenèvre, Hendaye, Modane et Cerbère, ou encore dans les aéroports, les forces de l’ordre françaises contrôlent l’identité des personnes entrant sur le territoire. Dans la plupart des cas, ces contrôles ciblent de manière discriminatoire les personnes perçues comme migrantes, en raison de leur apparence, de leur couleur de peau ou de leur tenue vestimentaire.

Nos associations, engagées pour le respect des droits fondamentaux sur ces territoires et espaces, constatent qu’en plus de ces contrôles au faciès illégaux, les personnes exilées subissent de nombreuses violations des droits : enfermement illégal, violation du droit d’asile, non-respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Nos observations menées aux frontières depuis plusieurs années ainsi que le recueil des témoignages des personnes renvoyées, notamment en Espagne, en Italie, ou en Grèce depuis les aéroports, aboutissent toujours au même constat : le renvoi vers le pays européen de provenance prime sur le respect des droits fondamentaux.

Des exemples récents illustrent cette triste conclusion. En octobre dernier, à Montgenèvre, une jeune femme, de nationalité érythréenne, accompagnée de son bébé, a été refoulée à trois reprises en Italie alors qu’elle avait demandé l’asile en France. À Menton, des personnes témoignent quotidiennement de conditions de privation de liberté indignes, de l’absence de notification des droits et de remise des documents administratifs, y compris pour des mineurs isolés qui doivent pourtant faire l’objet d’une protection spécifique. Les rapports de visite des locaux de privation de liberté à Modane, Menton et Montgenèvre de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, publiés le 6 novembre dernier, sont édifiants quant à l’indignité de l’enfermement à cette frontière et au non-respect des droits des personnes. À la frontière franco-espagnole, les forces de police ont elles-mêmes indiqué, en juillet 2025, qu’il leur était demandé de ne pas respecter les règles pour pouvoir « gagner en efficacité dans la lutte contre l’immigration clandestine »[1]. Dans les aéroports, les personnes en provenance de villes européennes (principalement italiennes, espagnoles et grecques) sont enfermées illégalement dans les zones d’attente dans des conditions indignes.

Depuis 2015, ces personnes victimes de ces pratiques subissent des traumatismes physiques et psychologiques. Cette politique a des conséquences mortifères : au moins 73 personnes exilées sont décédées depuis 2015, aux frontières franco-italienne et franco-espagnole, selon les associations et collectifs agissant localement. Une estimation en-deçà de la réalité et qui ne prend pas en compte les personnes disparues, notamment dans les montagnes ou pendant leur parcours d’exil. Autant de personnes qui n’ont eu d’autre choix que d’emprunter des voies toujours plus dangereuses.

Aujourd’hui, nous réitérons notre appel à une politique respectueuse des droits humains aux frontières, et demandons notamment :

  • La fin des contrôles discriminatoires ;
  • Le respect effectif du droit d’asile ;
  • La protection des enfants ;
  • La fin de l’enfermement aux frontières ;
  • La fin des contrôles illégaux aux frontières intérieures.

Le 6 décembre, à 11h, associations et collectifs engagés localement aux frontières, rendront visible ce triste anniversaire et cet appel, à Menton, Montgenèvre, Modane, Le Perthus, Hendaye et à Roissy.

Associations signataires :

Amnesty International France

La Cimade

Médecins du Monde

Médecins Sans Frontières

Anafé

 

Associations de la frontière franco-italienne :

Mouvement Citoyen Toutes et Tous Migrants

Sentieri Solidali Oulx

Roya Citoyenne

Emmaüs Roya

Caritas Intemelia

Diaconia Valdese

AdN – Association pour la démocratie à Nice

LDH Section de Nice

Pays de Fayence Solidaire

Syndicat des Avocats de France

Passerelles en Maurienne

WeWorld Onlus

 

Association de la frontière franco-espagnole :

Fédération Etorkinekin Diakité

Ongi Etorri Errefuxiatuak

Mugak Zabalduz

Mouvement pour la Paix

ASTI 66

MRAP 66

Ànima Mater

Càritas Portbou

Col·lectiu Hourria

Coordinadora Obrim Fronteres

[1] Médiapart, 25 juillet 2025 : « À Hendaye, des exilés enfermés près de 18 heures dans les locaux de la police aux frontières ».