Les questions d’identité et de famille suscitent parfois des inquiétudes sincères, souvent nourries par des discours simplificateurs et alarmistes. A l’occasion des élections municipales, nous proposons quelques repères pouvant servir d’appui pour dialoguer sereinement avec des personnes autour de vous qui expriment des angoisses ou des doutes – et seraient tentées par un vote réactionnaire. L’objectif n’est pas de nier les préoccupations, mais de fournir des éléments permettant d’échanger sans crispation ni caricature.
Nice ne doit pas devenir un champ de bataille identitaire ou culturel
Beaucoup de nos concitoyens et concitoyennes ont le sentiment que le monde change vite. Trop vite parfois. Les repères semblent bouger, certains et certaines ont le sentiment de perdre leur place, et les débats en deviennent plus irrationnels et se durcissent. Ce malaise mérite d’être entendu. Mais il ne doit pas être instrumentalisé, encore moins s’il s’agit de produire de la discrimination ou de la haine envers l’autre.
À l’échelle municipale, la vocation d’une mairie n’est pas d’écrire les lois nationales sur la famille, l’identité ou la bioéthique. Une municipalité doit défendre la tranquillité et la cohésion locale. Ses priorités sont concrètes : écoles, sécurité, logements, qualité de vie, propreté, mobilité, accès aux soins, services aux seniors, gestion budgétaire rigoureuse, urbanisme maîtrisé. Dans une ville, on vit côte à côte. La règle est simple : le respect mutuel. Une mairie n’est pas un champ de bataille, c’est une maison commune.
Pourquoi la question identitaire surgit-elle malgré tout ?
Il serait naïf de prétendre que l’élection municipale de la cinquième ville de France n’a aucune portée nationale. Faire basculer Nice à l’extrême-droite serait un signal politique fort, un marchepied supplémentaire vers un projet de société autoritaire à l’échelle du pays. Une catastrophe bien réelle.
Une part importante du vote d’extrême droite repose sur une inquiétude : peur de la perte de repères, impression que le monde change trop vite, crainte d’un déclassement social ou culturel, sentiment d’une remise en cause de sa propre identité. Cette inquiétude globale se cristallise sur des symboles : famille, genre, sexualité, droits des femmes. La plupart des électeurs concernés ne disent pas : « Je déteste les personnes LGBT » ou « Je veux opprimer les femmes ». Ils expriment plutôt : « Je ne reconnais plus le monde autour de moi. »
Une vérité simple : la liberté nouvelle des uns n’enlève rien à celle des autres
Enonçons quelques vérités de base :
– Le mariage pour tous n’empêche personne de se marier de manière traditionnelle.
– Le féminisme n’interdit à aucune femme de choisir une vie familiale classique.
– La reconnaissance des personnes transgenres n’oblige personne à changer d’identité.
– Le droit à l’IVG n’impose à aucune femme d’y recourir.
Ces évolutions ont ajouté des droits. Elles n’ont retiré aucune liberté aux autres. Ce ne sont pas des obligations collectives. Les valeurs plus traditionnelles ne sont pas interdites et le mode de vie afférent n’est pas effacé. On ajoute des libertés, on n’en retire pas.
La famille n’a pas disparu
La famille ne s’est pas dissoute. Elle s’est simplement diversifiée. La famille dite “traditionnelle” existe toujours et est même très largement majoritaire. Elle n’est ni interdite, ni juridiquement attaquée, ni même marginalisée. Ce qui a changé, c’est que d’autres formes familiales sont reconnues. L’histoire montre que les structures familiales ont toujours évolué : familles élargies, recomposées, monoparentales… Si autrefois ces évolutions s’opéraient très largement du fait des guerres ou des épidémies, elles résultent désormais de choix – ce dont il faut se réjouir.
Les véritables menaces qui pèsent sur la stabilité des familles, et la natalité, ne sont pas dues à l’extension des droits, mais sont économiques et sociales : la précarité, le chômage, les difficultés de logement, le coût de la vie, des services publics fragilisés, un monde du travail qui augmente sa pression sur l’individu. Ce sont ces sujets qu’une municipalité peut et doit traiter.
Alors à Nice, le débat utile porte sur les places en crèche, le prix des cantines, le logement abordable, le soutien aux parents isolés — pas sur des guerres symboliques, pas sur le recul des droits de chacun et chacune.
Homosexualité et bisexualité : une réalité ancienne, une visibilité récente
L’homosexualité n’est pas une invention contemporaine. Elle est mentionnée dans la littérature antique, dans les textes religieux, dans l’histoire européenne depuis des siècles. Si elle était condamnée dans certains textes, c’est bien parce qu’elle existait.
La différence aujourd’hui n’est donc pas son apparition, mais sa reconnaissance. Cette visibilité réduit la souffrance et l’isolement chez les jeunes concernés. Elle ne retire aucun droit aux personnes hétérosexuelles. Elle ne modifie pas la vie quotidienne des familles qui ne sont pas concernées. Elle permet à plus de personnes d’être heureuses. Elle évite à des parents d’avoir à affronter le suicide de leur enfant.
Reconnaître une réalité sociale n’est pas la promouvoir ni l’imposer : c’est éviter qu’elle soit vécue dans la honte ou la clandestinité.
Transidentité : sortir de l’emballement
La transidentité est souvent présentée, à tort, comme une révolution massive. En réalité, les personnes concernées représentent une très faible minorité de la population.
Leur reconnaissance juridique ne change rien à la vie quotidienne de l’immense majorité des habitants. Il ne s’agit pas de caprices ou d’une décision prise à la légère. Les décisions sont individuelles, complexes, accompagnées. Les parcours médicaux sont très encadrés.
À l’échelle municipale, cela signifie simplement garantir l’égalité d’accès aux services publics, sans discrimination. Rien de plus.
Féminisme : un principe républicain, pas une guerre des sexes
Le féminisme est régulièrement caricaturé comme une attaque contre les hommes et la famille. Pourtant, son socle de revendications est simple : égalité juridique, égalité salariale, protection contre les violences. L’égalité des droits n’est pas une idéologie radicale. C’est un principe républicain fondamental.
Demander qu’une femme soit payée comme un homme pour un travail équivalent ne détruit pas la famille, bien au contraire, cela la sécurise économiquement. Lutter contre les violences conjugales ne détruit pas les traditions. Cela protège des vies.
IVG : un droit encadré, une décision personnelle
L’interruption volontaire de grossesse est souvent brandie comme un symbole d’effondrement moral. Il faut revenir aux faits. L’IVG est un droit légal depuis 1975 et désormais inscrit dans la Constitution. Une municipalité n’a ni le pouvoir de l’autoriser ni celui de l’interdire. Surtout, l’IVG n’est jamais un acte anodin. C’est une décision personnelle, souvent difficile, prise dans des situations complexes : précarité, isolement, violence, échec contraceptif. Reconnaître ce droit ne signifie pas l’encourager. Cela signifie éviter les avortements clandestins, les drames sanitaires, les inégalités sociales face aux soins.
Les femmes qui souhaitent mener une grossesse à terme sont libres de le faire. Celles qui, pour des raisons graves, ne le peuvent pas, disposent d’un cadre médical sécurisé. La liberté des unes n’enlève rien aux convictions des autres.
À Nice, la responsabilité municipale consiste à garantir l’accès aux soins et à soutenir les femmes en difficulté — pas à rouvrir des guerres idéologiques.
À Nice, choisissons la cohésion plutôt que la peur
Nice est depuis toujours une ville diverse : méditerranéenne, commerçante, touristique, universitaire. Sa force est sa capacité à faire coexister des modes de vie différents dans un même espace urbain. Une municipalité doit rassembler. Elle ne doit pas attiser les peurs culturelles pour gagner quelques points électoraux.
Le rôle d’une mairie est de garantir la sécurité de tous et toutes, l’égalité d’accès aux services, la tranquillité publique, la solidarité locale. Pas d’organiser une guerre identitaire.
Le choix
Oui, le monde change. Oui, les repères évoluent. Mais la réponse à l’inquiétude ne peut pas être la crispation autoritaire. Elle doit être la stabilité institutionnelle, la justice sociale, la compétence municipale et le respect de chacun. Nice n’a pas besoin d’un laboratoire idéologique. Elle a besoin d’une équipe solide, capable de gérer la ville pour tous.
Parce qu’une mairie est une maison commune. Et qu’une maison commune se protège en rassemblant — pas en divisant.










solidarité et vous remercie soit d’apporter vos dons alimentaires (téléphonez-nous avant pour connaître le lieu), soit de nous adresser un chèque à l’ordre de AdN, 1 rue de la croix, 06300 Nice, en mentionnant au dos « don pour distribution alimentaire ».





















corps d’un migrant africain, en état de décomposition avancée, a été découvert dans une gorge sous le pont San Luigi, non loin de Vintimille. L’homme a probablement chuté en tentant de rejoindre la France de manière illégale.
03/06/2021 :
14/01/2018, Un migrant qui pourrait être de nationalité Gambienne, a été retrouvé matin décédé par électrocution en gare de Menton (Alpes-Maritimes), sur le toit de la locomotive d’un train en provenance de Vintimille (Italie). Les pompiers sont intervenus vers 6h00 pour prendre en charge la victime, précise le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), Il s’était allongé au niveau de la caténaire et a subi de ce fait un arceau électrique qui l’a brûlé par électrocution, précise la police. Trois détonations avaient été entendues par les passagers et le conducteur du train peu après le départ de Vintimille (Italie), des témoins apercevant aussi des flammes, mais l’arrêt n’a été possible qu’en gare de Menton.
me est percuté par une voiture sur l’autoroute A8.







Il était plus que temps de rassembler divers articles publiés à propos du livre « Les Sentinelles – Chroniques de la fraternité à Vintimille » (Teresa Maffeis & Aurélie Selvi). Voilà qui est fait, et ce pressbook est disponible 



Les archives de l’AdN vont alimenter une partie de l’exposition
sur Twitter et sur d’autres réseaux sociaux, de la part de personnalités d’extrême-droite et de leurs sympathisant·es. Ces attaques prennent prétexte d’une affiche présentant une personne trans pour appeler à notre désubventionnement, pour questionner notre légitimité en tant qu’association de défense des droits des femmes et de lutte pour le droit à l’avortement.


Ces années ont été marquées à Nice par un grand nombre d’activités militantes et culturelles qui semble sans précédent dans l’histoire récente de la ville : Association pour la démocratie à Nice (AdN) en 1991 suite à la candidature de Jean-Marie Le Pen au conseil régional et leurs nombreuses collaborations avec des artistes et des producteurs culturels ; la pratique collective de Zou Mai et Nux Vomica et les Carnavals indépendants qui ont suivi, en partie en réaction à l’image touristique de Nice ; l’occupation d’une caserne abandonnée par le Collectif des Diables Bleus en 1999 et les six années d’activité collective qui ont suivi. Tous ces événements témoignent d’un mélange unique de pratiques politiques et artistiques, fondées sur un travail collectif et auto-organisé. Dans l’histoire de Nice – et même de l’Europe – il s’agit d’une micro-histoire inspirante d’artistes et de militant.e.s se réunissant pour imaginer et mettre en scène différentes manières de travailler et de vivre ensemble à une époque de mondialisation galopante d’une part, et de montée des nationalismes d’autre part.
d’une exposition de grande envergure qui aura lieu au Van Abbemuseum aux Pays-Bas en novembre 2022 et à la Villa Arson en 2023, le commissaire et chercheur Nick Aikens a mené des recherches sur cette période à Nice. Après avoir parlé à plusieurs protagonistes de cette histoire, il cherche maintenant à rassembler des photos, des documents et des enregistrements liés à l’AdN, aux collectifs, aux carnavals et aux manifestations politiques de 1991 à 2004. L’espoir est qu’une sélection de ce matériel soit présentée lors des expositions aux Pays-Bas et à Nice. Ils seront présentés aux côtés d’autres études de cas et projets artistiques qui s’intéressent aux années 1990 et à la manière dont les artistes, les activistes et les intellectuels ont proposé différentes approches de l’internationalisme – que ce soit par le biais de la solidarité transnationale ou de projets ancrés localement qui ont insisté pour rester ouverts au monde, comme ce fut le cas à Nice.


Image extraite du film The End.







Son cercueil (fermé) sera exposé à Nice, dans un salon de l’Athanée, 42 boulevard Saint Augustin à Nice (arrêt Ferber en tram ou bus). La plage horaire afin de venir vous recueillir est de 8h à 18h, tous les jours du lundi 7 février au vendredi 11 février. Il n’y aura pas de cérémonie, mais vous pourrez laisser un mot sur les cahiers de doléances. Pour ceux et celles qui voudraient amener des fleurs, Teresa adorait les bouquets simples, sans fioritures ni emballage – sa fleur préférée étant les anémones. Teresa était aussi persuadée que le changement politique dont elle rêvait passait par la culture, l’art, la créativité et la joie. Aussi, nous (la famille) vous demandons de lui faire une dernière visite comme si vous partiez la voir en manifestation. Trouvez un piquet ou une baguette, et fixez-y votre panneau – exprimant votre monde meilleur : revendicatif, artistique, poétique… comme bon vous semblera. La création comptait vraiment pour elle, impossible d’aller en manif avec la même pancarte que les autres ! Et bien sûr, vous laisserez la vôtre sur place.


Le DAL06 reçoit désormais le mardi de 14h à 16h30, uniquement sur rendez-vous.
Hubert Jourdan, figure emblématique de la défense des droits humains, qui avait fait de sa maison un lieu de répit pour des centaines de personnes en exil, nous a quittés. Il est l’une de nos sentinelles et nous ne l’oublierons jamais. Nous vous partageons ici un portrait de lui, signé de la dessinatrice Marie Khaldi, ainsi que les pages du livre « Les Sentinelles – Chroniques de la fraternité à Vintimille » qui lui sont consacrées.

La nouvelle ne fuit que maintenant et la dynamique de ce qui s’est passé n’est pas encore complètement certaine. Certaines sources confirment la mort de l’homme, tandis que d’autres parlent même de deux étrangers morts frappés par la forte tension qui alimente les convois.
Salué par la critique américaine après sa diffusion sur HBO début avril, cette série documentaire choc s’attaque sans détour aux fondements racistes du suprémacisme blanc en Europe et aux États-Unis. Lors de cette rencontre le cinéaste haïtien dévoile en avant-première la genèse de cette œuvre personnelle et universelle. La série mêle des images d’archives, de l’animation ainsi que des scènes de fiction. Mettant en relation l’esclavage, le génocide amérindien et la Shoah, le cinéaste haïtien (Je ne suis pas votre nègre, Lumumba) s’attaque aux mythes raciaux nés sur le Vieux Continent. L’une des œuvres les plus ambitieuses de Raoul Peck.
UN TOIT C’EST UN DROIT!

La loi proposée par Mme Estrosi- Sassone sénatrice (Les republicains) n’a pas été acceptée, mais Anthony Borré, premier adjoint au maire de Nice à la sécurité, au logement et à la rénovation urbaine, « reprend » l’idée et l’applique à Nice.