Voter, c’est choisir !

15 & 22 mars 2026 – Élections municipales

Pourquoi voter contre l’extrême-droite?

Face à l’extrême-droite : choisissons la démocratie, pas la peur

L’extrême-droite prospère toujours sur les mêmes ressorts : la peur, la désignation de boucs émissaires, la simplification brutale de problèmes complexes. Elle prétend défendre “le peuple”, mais le divise. Elle parle d’ordre, mais fragilise les institutions ; invoque la nation, mais affaiblit l’État de droit. Elle trahit notre tradition républicaine.

Une mécanique connue

L’histoire est claire : l’extrême-droite n’accède jamais au pouvoir en annonçant la fin des libertés, mais en promettant protection, identité, sécurité. Derrière un discours prétendument social, l’extrême-droite s’oppose aux droits syndicaux, protège les intérêts des plus puissants, fragilise la protection sociale, affaiblit les services publics. Progressivement, la presse devient suspecte, les juges “politisés”, les associations “ennemies”, les opposants “traîtres”. Le clientélisme, par contre, y fleurit. Ce processus est graduel, banal, normalisé.

La démocratie ne disparaît pas toujours brutalement : elle s’érode au nom de “l’ordre”, de “l’efficacité”, de la “volonté du peuple” et trop souvent de la “faute des autres”. Elle est incompatible avec une vision autoritaire et identitaire du pouvoir.

Le piège de la colère : choisir l’extrême-droite n’est pas un vote de protestation

Oui, il y a du déclassement social, de l’insécurité économique – et donc, de la colère. Mais la colère ne peut pas être un programme politique. Transformer les difficultés sociales en affrontement identitaire ne crée ni d’emplois, ni hôpital plus fort, ni école mieux protégée, ni réduction des inégalités et des injustices. Cela détourne l’attention des vraies causes : la concentration des richesses, l’affaiblissement des services publics et celui de la Culture.

Voter pour l’extrême-droite n’est pas un simple signal de colère ou de mécontentement. C’est un choix politique lourd de conséquences. C’est confier des responsabilités institutionnelles réelles à un courant politique dont les idées et les pratiques sont incompatibles avec les principes démocratiques fondamentaux : transparence, pluralisme, respect des contre-pouvoirs.

Ce qui est en jeu à Nice

Les municipales de 2026 ne sont pas une élection locale ordinaire. Il ne s’agit pas seulement de gestion budgétaire ou de propreté des trottoirs, mais de la manière dont notre ville traite ses habitants. Nice est diverse — socialement, culturellement, générationnellement. Cette diversité n’est pas une menace mais une réalité. Une municipalité n’est pas un poste de commandement idéologique : c’est une administration au service de tous. Elle ne doit pas transformer la ville en champ de bataille identitaire.

Dans les villes dirigées par l’extrême-droite, on observe souvent une concentration du pouvoir autour du maire, un affaiblissement du conseil municipal, une marginalisation de l’opposition, une communication municipale instrumentalisée et une police municipale utilisée comme outil politique. Les associations peuvent être privées de financements, placées sous contrôle ou remplacées par des structures dociles. C’est une atteinte directe à la liberté associative et à la vitalité citoyenne.

Le récit de l’extrême-droite est toujours le même : désigner des responsables visibles aux difficultés réelles — étrangers, minorités culturelles, religieuses ou sexuelles, personnes précaires, opposants politiques, journalistes, associations — et rejeter toute analyse scientifique au profit de fantasmes simplistes et archaïques. Au niveau local, cela signifie opposer les habitants entre eux : Niçois “de souche” contre nouveaux arrivants, quartiers populaires et ghettoïsés contre centre-ville, dénoncer un prétendu “assistanat”, fragiliser les associations solidaires. Cette logique fracture la ville sans répondre aux défis majeurs : logement, coût de la vie, accès aux services publics, santé, crise climatique. Ces enjeux exigent coopération, expertise, solidarité et politiques publiques de long terme. En proposant des solutions simplistes, alimentant les peurs et le repli, l’extrême-droite ne résout pas les problèmes sociaux : elle les déplace et les aggrave. Elle remet en cause les subventions aux associations culturelles, sportives et solidaires ; privilégie une politique sécuritaire coûteuse et inefficace, néglige les services publics de proximité (crèches, écoles, centres sociaux). Ses premières victimes sont toujours les classes populaires et les territoires fragiles.

Les villes gérées par le RN, ça donne quoi ?

À Nice, vous n’entendrez pas Eric Ciotti vanter la gestion des villes dont la municipalité est tombée aux mains du RN. Car leur bilan est mauvais. À l’approche des élections municipales, on entend pourtant parfois que « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». Ceci est faux, le RN et ses alliés dirigent déjà une dizaine de communes en France.

Dans plusieurs villes comme Fréjus, Beaucaire, Orange, Hénin-Beaumont ou Perpignan, les équipes municipales d’extrême droite ont réduit certains budgets publics, notamment dans les écoles ou les centres sociaux, et procédé à des privatisations (crèches, piscines, équipements municipaux). Ces choix sont souvent justifiés par la volonté de baisser les impôts et de maîtriser les dépenses, mais ils entraînent une diminution de services accessibles aux habitants, en particulier aux plus modestes. Des piscines municipales ou des transports gratuits déservant des centres de loisirs sont ainsi sacrifiés.

La municipalité instaure également des tensions avec le tissu associatif local : baisse ou suppression de subventions, retrait de locaux municipaux, relations conflictuelles avec certaines organisations d’entraide ou de défense des droits. Ces décisions affaiblissent des structures qui jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale.

Par ailleurs, plusieurs municipalités ont renforcé leurs budgets consacrés à la sécurité, au détriment d’autres politiques sociales, assumant un positionnement politique marqué. Des controverses ont aussi émergé autour de certains élus accusés de propos ou de fréquentations problématiques (dans le domaine du racisme et du sexisme).

L’expérience municipale de l’extrême droite n’est pas neutre : elle transforme en profondeur les priorités budgétaires et le fonctionnement du lien social.

Des maires RN ont été ou sont visés par des procédures judiciaires liées à l’attribution de marchés publics. Plusieurs chambres régionales des comptes ont également pointé des irrégularités ou des pratiques jugées opaques dans des villes dirigées par le RN, évoquant des procédures insuffisamment transparentes, des soupçons de favoritisme ou des budgets critiqués pour leur sincérité. À Perpignan, une enquête préliminaire a été ouverte concernant des marchés de conseil.

Sur le plan financier, l’analyse des comptes de neuf villes de plus de 10 000 habitants gérées par le RN montre une situation contrastée : si l’endettement a diminué dans plusieurs cas, les dépenses de fonctionnement ont parfois augmenté plus rapidement que dans des communes comparables. Les indemnités des élus ont aussi progressé dans une majorité de villes depuis 2020.

Concernant la sécurité et la fiscalité, thèmes centraux du discours RN, les résultats apparaissent nuancés : malgré des hausses de dépenses en matière de police municipale, les statistiques de délinquance ont augmenté dans la plupart des villes étudiées. La taxe foncière a également progressé plus vite que la moyenne dans plusieurs communes.

Voter contre l’extrême-droite

Voter contre l’extrême-droite, ce n’est pas voter “pour le système”. C’est voter pour une ville ouverte, pour l’État de droit, pour l’égalité devant la loi, pour la liberté de conscience et d’expression, pour le refus de la haine comme mode de gouvernement. C’est critiquer les politiques en place sans détruire les fondements démocratiques. C’est accepter le désaccord sans en faire une trahison. C’est aussi s’autoriser à changer d’avis.

La démocratie municipale repose sur un équilibre fragile entre exécutif, opposition, associations et citoyens. Quand cet équilibre se rompt, la ville se referme.

Voter est un acte de responsabilité. Chaque génération croit que le fascisme n’arrive qu’aux autres et que ses institutions sont solides ; elles ne le sont que si les citoyens les défendent. Même à l’échelle d’une commune, il s’agit d’un choix de régime : démocratie ou autoritarisme, pluralisme ou uniformité, liberté ou suspicion généralisée.

Nous devons défendre une République qui ne trie pas ses citoyens, un État de droit qui protège les minorités, des politiques publiques fondées sur des faits et non sur des slogans, une société où le désaccord n’est pas une trahison. Refuser l’extrême-droite, ce n’est pas refuser le débat. C’est refuser la mise en cause des règles mêmes qui rendent le débat possible.

Choisissons la démocratie. S’abstenir ou banaliser l’extrême-droite, c’est lui ouvrir la porte du pouvoir. Voter contre elle, c’est protéger les libertés publiques, préserver la dignité de chacun, défendre la vie associative et l’avenir collectif, refuser la peur comme mode de décision.

Nice mérite mieux que la division. Elle mérite une démocratie municipale forte, exigeante et inclusive. Refuser l’extrême-droite, ce n’est pas nier les problèmes. C’est refuser les fausses solutions. En 2026, faisons le choix d’une ville ouverte, lucide et démocratique.

Le jour du vote, chaque bulletin compte.
La démocratie ne se défendra pas toute seule, elle a besoin de vous.
Les 15 et 22 mars, abstenons-nous de nous abstenir !