Nice : avis d’expulsion d’un campement de demandeurs d’asile

De nombreuses associations(*) se mobilisent pour aider les personnes en demande d’asile qui dorment sous des tentes sur le parking des Arboras, face au Staps, depuis plus d’un mois. De nombreuses personnes passent aussi pour leur apporter nourriture, vêtements, et choyer les enfants et les femmes enceintes.
Urgent : besoin d’interprètes en syrien ou arabe.
Nous aurons également besoin de vous tous, car le maire a obtenu (par sa requête du 18/06 – verdict le 22/06) du Tribunal Administratif leur expulsion du camp, avec pour délai dimanche 24/06 à minuit. Les familles n’ont pu être représentées, faute d’avocat. La ville a argué les raisons habituelles : manque d’eau, insalubrité, etc…
Ces personnes doivent absolument être hébergées comme la loi le prévoit !

(*) AdN, Habiter la rue, MIR, Emmaüs, Médecins du Monde, Resf06, Secours Populaire…

Pride de Nuit – Nice

Dans la nuit du 28 juin 1969 ont éclaté les émeutes de Stonewall contre le raid transphobe et homophobe de la police. Ces émeutes représentent le moment symbolique d’un espoir de révolte contre un système d’oppression et de domination. Une commémoration est nécessaire, mais elle ne suffit pas face à l’ampleur des violences présentes dans notre société. Nous devons continuer à nous battre face aux violences du capitalisme, du fascisme et d’autre formes de discriminations que les personnes queers vivent de façon décuplée.

Le régime tyrannique cis-hétéro normatif manifeste sa violence dans nos vies à tous les niveaux. Dans la binarité productive du genre. Dans la psychiatrisation du parcours des personnes trans. Dans l’exploitation des personnes gays par les labos pharmaceutiques. Les exemples ne manquent pas. Nous sommes vu.e.s aujourd’hui comme une étiquette commerciale utile au profit. Alors qu’elle aliène nos corps et nos vies, la classe dominante anesthésie notre révolte en nous reconnaissant parfois quelques miettes de droit d’existence nécessaires à l’accroissement de la classe productive et à l’accumulation du capital. Elle voudrait aujourd’hui que nous singions le couple hétéro et que nous devenions à notre tour les flics de la norme pour enfin appeler ça « libération » . Pendant qu’on met à l’honneur des flics gays, des politiques gays, des patrons gays : en bas des balcons et des salons bourgeois, des LGBTQI+ subissent la précarité de l’exploitation, se suicident face aux dominations patriarcales ou meurent à nos frontières. Depuis quand la meilleure façon de se libérer est-elle d’enfiler le costume des bourreaux ?

Cette société dégoûtante, qui produit et reproduit des inégalités sociales, nourrit l’exclusion et l’idéologie de la haine. Les réfugié.e.s LGBTQI+ sont soumis.e.s au régime de la preuve et à une violence d’Etat. D’autant plus lorsque ces réfugié.e.s se retrouvent trop souvent dans l’impossibilité de demander l’asile ou périssent sur le chemin de l’exil. L’État agite le drapeau arc-en-ciel à toutes les sauces lorsqu’il est utile au renforcement de son pouvoir, mais a vite fait de sortir les armes et la répression quand il s’agit d’accueillir des exilé.e.s. N’hésitant pas même, à entamer des procédures d’exclusion de militant.e.s réfugié.e.s comme Moussa de AIDES, en danger de mort dans son pays. Le durcissement de la loi Asile et Immigration et le mépris assassin de Gérard Collomb sont le symbole de cette hypocrisie. Avec cet état des choses, la justice de classe se complaît lorsqu’elle déboute les réfugié.e.s LGBTQI+ de l’asile pour « manque de preuve » ou lorsqu’elle criminalise la solidarité. Cette situation est inacceptable !

Sous ce régime capitaliste, les travailleu.rs.ses sont exploité.e.s. Sous ce régime hétéropatriarcal, les femmes sont exploitées. Sous ce régime raciste, les passages de frontières sont condamnés. Être une femme et une prolétaire signifie être doublement exploitée, et être racisé.e est une oppression supplémentaire. D’autres situations peuvent aggraver cette oppression systémique comme la transidentité. De ce fait il est inévitable que certaines femmes exploitées se retrouvent à exercer un travail du sexe pour tenter de s’extirper d’une condition économique particulièrement difficile, d’autant plus lorsqu’elles ont une dette à s’acquitter pour avoir passé les frontières. C’est par la solidarité avec toutes les personnes minorisées que nous aurons la force de lutter contre les violences qui nous sont infligées quotidiennement.

En plus d’un Etat criminel, la droite et l’extrême droite s’emploient aujourd’hui à récupérer nos luttes afin de servir leur agenda raciste, anti-migrant.e.s et islamophobe. Aussi, l’on observe une tentation brune arc-en-ciel nous expliquer que la lutte contre l’ostracisme passe par l’exclusion d’autres catégories du corps social. Parce que nous sommes à l’antipode de la norme totalitaire, de toutes les identités et de toutes les frontières, l’homonationalisme n’est pas et ne sera jamais la condition de la libération queer. A Nice s’est installé un local fasciste non-loin du Centre LGBT et des groupuscules d’extrême-droite comme Génération Identitaire ou Nice Nationaliste se baladent dans la rue en toute impunité. Toujours à Nice, des fascistes en rangers et en Lonsdale qui s’assument néo-nazi suivent et menacent des militant-e-s en raison de leur engagement auprès des réfugié.e.s, de leur genre ou de leur orientation sexuelle. Encore à Nice, berceau de l’extrême droite, nous sommes révolté.e.s d’entendre au sein de nos luttes que nous devrions plutôt ignorer les militant.e.s fascistes comme si ça n’existait pas. Comme si ça n’était pas une menace pour nous. Combien d’agression devrons nous encore supporter ? Arrêtons de banaliser la présence fasciste : la peur doit changer de camp !

Pour toutes ces raisons, le vendredi 29 juin à 20h00 Place Garibaldi, venons manifester notre révolte le poing levé, féministes, anti-autoritaires, antifascistes, anticapitalistes, antiracistes, pour le renversement des structures de classe et du patriarcat.

Trans, pédés, gouines fièr.e.s et vénères.

Premiers soutiens : Groupe de Réflexion et d’Action Féministe, Solidaires Etudiant-e-s Nice, Roya Citoyenne, Association pour la Démocratie à Nice ( ADN ), Habitât et Citoyenneté, ATTAC 06, SUD-Solidaires 06, Les Ouvreurs, La Zonmé

Le 20 juin journée mondiale des réfugiés

Le 20 juin  journée mondiale des réfugiés
Deux événements organisés en collaboration avec nos amis italiens.

Dimanche 17 juin à 15h30, tous les citoyens sont invités à l’église de San Antonio à Vintimille, où les associations et les volontaires qui ont travaillé à Vintimille se réuniront autour de la Vénus des chiffons de Pistoletto pour un événement de partage de l’expérience d’accueil de l’Eglise de San Antonio.
Les messages écrits par les migrants dans les derniers jours seront exposés et lus et ce sera une opportunité d’écoute et de partage pour ouvrir le cœur à l’espoir et écrire une meilleure histoire bientôt.

Mercredi 20 juin 17h30
Nous nous retrouvons à notre frontière franco-italienne de Menton autour des 3 Paradis de Pistoletto à 17,30​ tandis que la Venere partira avec ses messages​ vers la frontière.
Nous ramènerons leurs doubles à notre frontière  pour qu’ils y soient lus.
Nous les garderons en vue de faire traverser les frontières à la parole des migrants.

Organisent et rejoignent l’événement :Amnesty International Ligurie, Amnesty International 06, Popoli in Arte, ADN, Caritas Intemelia, Ventimiglia Confine Solidale, Pigna Mon Amour.