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Nice : un ministère très à la droite de Dieu ?

Mise à jour du 13 octobre 2019. La Justice a finalement condamné Philippe Pradal, premier adjoint à la Mairie de Nice, et Maire éphémère, à 50 000 euros d’amende dont 25 000 euros avec sursis pour prise illégale d’intérêt, suite à une plainte d’Anticor.

Mise à jour du 10 avril 2019. Décidément, l’extrême-droite est dans son jardin au Forum Jorge François. Une réunion publique de Nicolas Dupont-Aignan y aura lieu cette fin de semaine, annoncée par Nice-Matin le 09/04. Peut-être aura-t-il l’occasion d’y croiser l’Evêque de Nice, qui n’a pas daigné répondre à nos courriers ? Pour rappel, Dupont-Aignan est candidat aux prochaines élections Européennes, et s’est brièvement allié avec Marine Le Pen le temps de l’entre-deux tours de la dernière présidentielle – il devait même devenir son premier ministre en cas de succès.

Article original, 4 janvier 2019 :

Une soirée chez Jorge
Le 12 octobre dernier s’est tenue à Nice une présentation du livre ‘La France interdite‘, de Laurent Obertone, dans la salle des Abbés du Forum Jorge François, faisant lui-même partie de la paroisse Saint-Ambroise (église Saint-Pierre d’Arène) à Nice. Selon la page facebook associée à la soirée : « Un livre choc, une vraie bombe pour la bien-pensance, une enquête sur un sujet tabou : LA DISPARITION D’UNE NATION ! ». Cet auteur, se présentant comme journaliste indépendant et écrivant sous un pseudonyme, vit son livre précédent (‘La France orange mécanique‘) promu activement par Marine Le Pen. Traité de blogueur raciste par Mediapart, Obertone attaque le media en 2013 mais se désiste finalement « pour raisons personnelles ». Son éditeur, Ring, publie également les bandes-dessinées de Marsault, souvent considéré à l’extrême droite, qui sera jugé en 2019 pour « provocation publique à la haine et à la violence en raison du sexe« . Cette maison d’édition fut créée à la suite de la publication du magazine « Sur le ring », dont un des buts était de « poser une bombe dans la sale ambiance humaniste ». D’après un témoignage photographique de cette présentation, on voit l’auteur faisant face à un public de dos, mais assis aux côtés de Mme Alexandra Masson-Bettati (épouse d’Olivier Bettati, ex-candidat FN). Bryan Masson (Front National Jeunes de Nice, Génération Nation 06) pose également à côté de l’auteur et son livre sur un autre cliché, avec trois autres membres de son mouvement. Cette visite niçoise intervient deux jours après une présentation donnée par Obertone à l’ISSEP (l’institut de sciences politiques ouvert par Marion Maréchal Le Pen).

Saint-Pierre s’habille en Pradal
Une fois les acteurs plus ou moins identifiés, passons au complément circonstanciel de lieu. Le Forum Jorge François est un lieu immense, occupant 1400 mètres carrés intégralement rénovés dans les sous-sols de l’église Saint Pierre d’Arène. Ouvert en décembre 2014, le Centre Culturel et Diaconie Saint-Pierre d’Arène (association déclarée en préfecture en 2012) put le financer comme suit : paroisse – 1 million € ; mairie de Nice – 1,5 millions € par subvention ; conseil général – 500.000 € par subvention. En sus, le 14/02/2013, la Ville de Nice a consenti à titre gratuit un bail pour les locaux situés rue de France, estimé à 7000 € annuels. Pour les autres associations de Nice, il faudra faire vœu de pauvreté.
Puisqu’on parle de gros sous, on voit un même nom de famille revenir plusieurs fois quand on s’intéresse aux comptes de l’association et du projet. Mme Anne Pradal (décédée en 2012) fut la première donatrice. Son époux, Alain Pradal, est actuellement l’économe paroissial. Quant à Philippe Pradal, un des fils, il est le gérant du cabinet d’expert-comptable travaillant pour la Diaconie (du moins pour l’année 2014). Il fut en outre Trésorier de l’association jusqu’en 2013, puis administrateur. En outre, il devient conseiller municipal subdélégué aux comptes publics en 2008, premier adjoint en 2013 puis, réélu en 2014, il retrouve son poste de premier adjoint au maire, notamment délégué aux finances. Enfin, il remplace brièvement C. Estrosi au poste de Maire lorsque celui-ci devient président de la région PACA. La fiche de déclaration d’intérêts qu’il transmet auprès de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique, établie en mai 2017, mentionne ces possibles conflits d’intérêts.

Du spirituel aux spiritueux
Côté spirituel, on trouve de bien curieux personnages. Le père Gil Fiorini, bien évidemment ; lui, c’est un peu le marchand que les coups de pied au cul donnés par Jésus n’ont pu chasser du Temple. Produisant son ‘pastis de Nice’, il dispose d’un site de vente en ligne et d’une grande boutique dans le centre-ville. L’homme ultra-médiatique bénit également les animaux et téléphones portables, ou n’importe quoi d’autre qui puisse faire entrer du monde dans ‘son’ église.

Messe noire pour artistes d’opérette
Mais, pour en revenir à l’objet premier de cet article, il faut également se pencher sur le cas de l’aumônier des artistes Yves-Marie Lequin, son acolyte Dominicain. Celui-ci officie la Messe des Artistes annuelle. Cette célébration est un concept que l’on doit à Adolphe Willette en 1914 : antidreyfusard durant l’affaire Dreyfus, collaborateur du journal « La libre parole illustrée » publié par le politicien antisémite Edouard Drumont, il se présente 1889_French_election_poster_for_antisemitic_candidate_Adolphe_Willetteégalement aux élections législatives de 1889 à Paris, avec une affiche qui ne laisse guère de doute (voir ci-contre). Un square parisien (au pied du Sacré Coeur) portera cependant son nom à partir de 1927, et deviendra d’ailleurs un lieu de rassemblement des catholiques intégristes de Saint Nicolas du Chardonnet chaque lundi soir de Pentecôte. Plusieurs voix s’élèvent au sein du Conseil de Quartier Montmartre (qui propose une liste de noms alternatifs pour ce square le 25 mars 2003), et un vœu est déposé le 23 juin 2003 au Conseil Municipal du 18° Arrondissement afin de débaptiser ce lieu (« La nomination du square nommé Willette posait un problème et a sûrement, pendant de nombreuses années, choqué celles et ceux qui estimaient que c’était quand même extrêmement dommageable, le mot est faible, mais je n’en trouve pas d’autres » – Mme Lepetit, Conseillère). Ce vœu est adopté à l’unanimité. Le square sera rebaptisé (résolution adoptée lors du Conseil du 1° décembre 2003) « Square Louise Michel« , le 28 février 2004.  Tous ces ‘détails’ affligeants sont malheureusement absents de la biographie qui lui est consacrée sur le site des Dominicains de Nice. Malgré nos avertissements répétés depuis 2014 (et annuels, eux aussi), relayés par une sphère artistique pourtant de plus en plus large, on y retrouve encore de trop nombreux créateurs (plasticiens et plasticiennes, danseurs et danseuses, acteurs et actrices de théâtre ou d’opérette) qui trouvent là l’occasion de se greffer un peu de lumière. Les médias locaux valent sans doute bien une messe !

Fachosphère ! Fachosphère ! Est-ce que j’ai une gueule de fachosphère ?
Quand on regarde de plus près la page web de Frère Lequin lui-même, on note également cette phrase apparaissant dans sa biographie (oui, il parle bien de lui-même à la troisième personne): « Il a travaillé dans le domaine esthétique avec Julia Kristeva, Renaud Camus, le peintre Jean-Paul Marcheschi, l’écrivain Emmanuel Carrère« . Ce sont les quatre seuls artistes cités en sus de Willette. Renaud Camus, c’est l’instigateur de la théorie ‘du grand remplacement’ chère à Marine Le Pen (qu’il a soutenue) et à tous les complotistes de la fachosphère. La rencontre entre Lequin et Renaud Camus date de 1997, lors des Devisées de Plieux, se déroulant au Château du même nom, domicile de Renaud Camus. On en trouve la trace dans son ouvrage ‘Derniers jours – Journal de 1997‘ (publié en 2002). En mars 2013, Renaud Camus fait partie des invités d’une soirée donnée par… le peintre Jean-Paul Marcheschi à laquelle étaient également conviés Alain Finkielkraut, Pierre Sautarel (créateur du site identitaire Fdesouche), Elisabeth Lévy (Causeur), Richard Millet (auteur qui considère Anders Breivik comme « tout à la fois bourreau et victime »),  Christine Tasin (Résistance Républicaine) et son mari Pierre Cassen (fondateur du site riposte laïque) (source : La Fachosphère. Comment l’extrême droite remporte la bataille d’Internet, par Dominique Albertini et David Doucet). Le Diable se cache donc peut-être dans ces quelques détails.

Postscript janvier 2019

Nous avions écrit à l’Evêque de Nice le 17/10/2018 afin qu’il nous éclaire un peu sur cette situation. Malheureusement, notre courrier est resté sans réponse. Nous lui avons donc réitéré notre demande.

Quelques lectures :
https://www.lesinrocks.com/…/ring-l%c3%a9diteur-trash-qui-…/
https://blogs.mediapart.fr/…/laurent-obertone-se-desiste-de…
https://www.arretsurimages.net/…/cyber-demasque-par-mediapa…
https://larmurerie.wordpress.com/…/la-france-orange-mecani…/
http://tantquillefaudra.org/…/…/ring-l-editeur-au-coeur-de-l
http://www.lesdominicains.com/messe-des-artistes/

http://www.yvesmarielequin.com/yves-marie-lequin/

La biennale d’art contemporain de Menton s’affiche contre l’IVG.

 Une statue appelant à la repentance des femmes ayant avortées est actuellement exposée à Menton, et visible depuis l’espace public. L’AdN s’associe au courrier envoyé par le Planning Famillial 06 au Maire de cette Ville, Jean-Claude Guibal, le 2 octobre 2019.
Inauguration féministe de l’œuvre d’art Notre Dame de la Liberté de Choix.
Nous réagissons également à la présence sur l’espace public, dans le cadre de la Biennale d’art sacré à Menton, d’une sculpture représentant une statue de la vierge, sept enfants morts à ses pieds, réalisée entre autres à l’intention des femmes qui regretteraient d’avoir avorté et voudraient en demander pardon.
Nous voulons rappeler que l’avortement est un droit fondamental des femmes, acquis de dure lutte, et que cette statue, que nous trouvons de mauvais goût, est un rappel que ce droit est toujours remis en cause par des forces réactionnaires.
Les femmes en ont assez de ces tentatives de culpabilisation permanentes. Notre corps, notre choix. Nous sommes libres et nous le revendiquons.
Soyons donc nombreux-ses lundi  7 octobre de 19 h à 21 h, 12 rue Partouneau à Menton, si possible avec des habits ou des accessoires violets, afin de rappeler que la lutte pour les droits des femmes existera tant que ces droits seront menacés.

Comme toutes les actions organisées par le collectif droits des femmes,merci de ne pas arborer de drapeaux, pancartes,… de vos orgas,assos,syndicats,partis… nous serons là pour les droits des femmes

Monsieur le Maire,

L’une des œuvres exposées dans le cadre de la biennale d’art contemporain sacré de Menton a retenu notre attention et provoque même aujourd’hui notre indignation.

Il s’agit d’une statue représentant la Vierge Marie penchée sur sept « fœtus » (ou bébés?). Elle est assortie d’un texte dont un extrait nous semble être prosélyte et de nature à culpabiliser des femmes ayant avorté ou souhaitant avorter : « …la statue est une destination de pèlerinage pour tous ceux qui veulent se racheter, faire la paix intérieure ou accepter leurs enfants. Les femmes qui ont avorté et se repentent…« 

Comme vous le savez, en France, l’avortement est un droit fondamental dont l’entrave peut être punie par la loi.

Nous vous sollicitons – en tant que Maire de Menton et membre du comité d’organisation de cette biennale – pour vous demander que cette statue qui, certes se situe dans un domaine privé mais est visible de l’espace public, soit déplacée dans un espace uniquement privé puisqu’elle diffuse un point de vue interdit par la loi. Ainsi, les personnes souhaitant voir cette œuvre pourront toujours y avoir accès.

En tant que représentant du service public, nous nous attendons à ce que vous soyez garant des lois de la République. Merci donc de donner une suite favorable à notre demande.
Restant à votre disposition,Cordialement,Pour le conseil d’administration du Planning Familial 06, La Présidente, Laurence Stalla

Co-signataires : Alternatives et Autogestion (A&A06), Association pour la Démocratie à Nice, Centre LGBT Côte d’Azur, Ensemble ! Nice, Groupe de Réflexion et d’Action Féministe, Groupe Menton-Élisée Reclus de la Fédération départementale de la Libre Pensée, Habitat & Citoyenneté, NousToutes06.

Mobilisation lundi 7 octobre devant L’hôtel.

Cinéma sans Frontières présente « El otro Cristobal » .

Vendredi 11 octobre 2019 à 20h30
Cinéma Mercury – 16 place Garibaldi – Nice

Film de Armand Gatti – France – 2019 – 1h55

En présence de Michel Séonnet, compagnon de route de Armand Gatti dès les années 70.

Michel Séonnet a créé le site internet « Petits points cardinaux » qui est accessible en suivant le lien petitspointscardinaux.net

Anastasio, dictateur d’une île imaginaire dont il est chassé par un coup d’Etat de l’archange Gabriel, meurt et se retrouve coincé au purgatoire. Décidé à rétablir son pouvoir sur terre, il s’échappe vers le ciel et détrône Dieu, appelé Olofi. C’est alors qu’il engage une guerre contre le révolutionnaire Cristóbal, prisonnier politique qui a été libéré pour être le nouveau chef de l’île. Les coups d’étoiles depuis le ciel tombent comme des bombes sur le village de Tecuman. Anastasio ouvre ensuite les pompes d’arrosage pour provoquer un déluge. Les conséquences en sont si tragiques sur terre que Cristóbal et ses compagnons se lancent à l’assaut contre le ciel.

Toutes les infos

 

Projection & Rencontre avec Jean-Gabriel Périot.

Le Cinéma de Beaulieu accueillera le dimanche 20 octobre à 17h00 une séance-débat du film  »NOS DÉFAITES » de Jean-Gabriel Périot.
Une discussion avec le réalisateur aura lieu à l’issue de la projection.
En partenariat avec l’association IL ÉTAIT UN TRUC et l’association Héliotrope, Un festival c’est trop court !
–  »NOS DÉFAITES » le 9 octobre au cinéma –

Festival du Film Lesbien Gay Bi Trans de Polychromes

ZeFestival AfficheDu 26 septembre au 27 octobre 2019, l’association POLYCHROMES présentera la 12 ème édition de ZEFESTIVAL, unique festival de cinéma LGBTQ+ d’ampleur régionale en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Cette année, pour la première fois, grâce à l’initiative du Pôle LGBT Vaucluse « La LanGouste à BreTelles », le festival ouvrira son édition 2019 à Avignon et à Carpentras, avec deux soirées d’exception fin septembre. Il se poursuivra à Nice, comme chaque année, pour quatre jours, puis à Seillans et Toulon avec une clôture fin octobre à Marseille.
ZEFESTIVAL dévoilera sa riche sélection de films autour des thématiques lesbienne, gay, bi, trans, queer et +, avec des avant-premières mondiales, des inédits, des créations expérimentales et des films primés dans les plus grands festivals internationaux.
Un hommage particulier sera rendu aux cinémas latins et du New Queer Cinéma, à travers un choix de films brésilien, argentin, mexicain, espagnol et italien.
Avec 15 longs métrages et 11 courts métrages l’équipe de ZEFESTIVAL invitera son public à passer les frontières pour se rendre aussi en Suisse, au Canada, en Grèce, au Danemark, au Kenya, et aux USA.
Il y aura bien sûr de nombreux évènements, des projections suivies d’échanges avec les réalisatrices, réalisateurs, productrices, producteurs et acteurs invité.es qui nous ferons l’honneur de leur présence. De nombreuses associations régionales partenaires seront au rendez-vous pour animer nos soirées débats : l’ATCA (Association Transgenres Côte-d’Azur), SOS Homophobie, Contact, Films Femmes Méditerranée, Rainbow Club Toulon, entre autres.
A travers ce festival, l’association Polychromes a pour ambition de contribuer à promouvoir des valeurs d’ouverture, de respect, d’humanisme et de non-discrimination, par le cinéma et la culture.
A une époque où les droits humains et les droits LGBTQ+ en particulier ne sont toujours pas garantis de façon universelle et pérenne, l’engagement de Polychromes, de son équipe, et de ses militant.es a toute sa raison d’être.
Nous remercions l’ensemble de nos partenaires, de nos invité.es, et toutes celles et ceux qui soutiennent ce beau festival LGBTQ+

Catherine AMESLAND, Hubert LEONARDI et Marie SANTOS LOPEZ.
Coordinatrices et coordinateur de ZEFESTIVAL by Polychromes

Le site du festival est ici.