Il n’est si bonne compagnie qui ne se quitte.

On dit que les meilleures plaisanteries sont les plus courtes. Le principe sera ici étendu à nos adieux.

L’AdN a vu le jour en septembre 1991, à la fraîche, au milieu de quelques bambous plantés dans un jardin à la Madeleine. Contre Le Pen. Pour Nice. Pour la Vie.

Association pour la démocratie à Nice : « vaste programme ! », comme disait le long Charles. Aussi, résumer ici trente-cinq années d’actions serait trop fastidieux. Il y eut des succès et des défaites, de la joie et des colères amères ; de l’enthousiasme et, surtout, cette dose de créativité qui manquait tant au militantisme antifasciste (ou pas) traditionnel. Rien ni personne n’effacera nos tracts, nos affiches, notre journal, nos expos, nos concerts, nos séances de cinéma, nos manifestations, nos procès victorieux, nos participations à des squats, notre présence auprès des roms, des sans-papiers, des sans-logis, des exilés. Encore moins notre totale indépendance. Ni même les coups qui vinrent parfois avec.

Il faut bien l’avouer : le décès brutal de Teresa Maffeis, verte figure de proue et cofondatrice de l’association, a été un coup très violent. Qui d’autre pouvait accomplir un travail d’une telle ampleur, avec une telle intensité ? Avec une telle fidélité ? La baisse continue du nombre d’adhérent·es actif·ves n’a fait qu’accentuer les difficultés. Les moyens humains de l’AdN ne sont plus suffisants. Les moyens financiers à terme non plus, d’ailleurs, au regard du coût important de nos actions de solidarité auprès des personnes exilées à la frontière depuis onze ans.

Alors, plutôt que de laisser s’étioler et ternir plus avant ce que fut cette belle et nécessaire aventure, il a été choisi d’y mettre un point final – l’AdN n’ayant vocation ni à devenir un vaisseau fantôme, ni à s’ériger en monument aux morts.

Cette décision ne décharge pas son Conseil d’Administration de ses dernières responsabilités techniques. Les fonds restants seront naturellement consacrés, jusqu’au dernier centime, aux actions pour lesquelles ils ont été collectés. Les personnes qui y ont contribué cette année recevront bientôt leur reçu fiscal. Qu’elles en soient ici d’ores et déjà très chaleureusement remerciées. Les adhérent·es seront alors convié·es cet automne à une Assemblée Générale Extraordinaire afin d’entériner cette dissolution et désigner les personnes en charge de la liquidation ainsi que les modalités de cette dernière, conformément à nos statuts.

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont partagé un bout de chemin – même très court – avec nous.

Et surtout, prenez bien soin de notre démocratie. En 2027 et après. A Nice comme ailleurs.

Fournitures scolaires : pour une école publique réellement gratuite à Nice

Communiqué de presse commun

Fournitures scolaires :
Pour une école publique réellement gratuite à Nice

Nos associations et collectifs citoyens accompagnent au quotidien des familles en grande précarité qui ne bénéficient pas de l’allocation de rentrée scolaire car elles viennent d’arriver en France.

Attachés à l’égalité de tous les enfants dans l’accès à la scolarité nous avons organisé durant 7 ans une distribution solidaire de fournitures scolaires aux enfants démunis. En 2024 nous avons distribué un kit de fournitures de base à 871 enfants.

En 2025, le maire de Nice Christian Estrosi a mis en place une distribution de fournitures scolaires à la rentrée des classes et nous avons arrêté notre action, puisque les pouvoirs publics semblaient enfin agir.

La distribution organisée par la Ville de Nice fut en réalité très sommaire car le kit distribué se limitait à très peu de fournitures et la distribution n’était pas renouvelée durant l’année au fur et à mesure des besoins des élèves.

La décision du nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, de stopper la distribution de fournitures scolaires constitue un important recul social : la distribution de fournitures scolaires est un levier déterminant de lutte contre les inégalités sociales à l’école.

Annoncer aux familles, trois semaines à peine avant la rentrée scolaire, qu’elles devront faire face à une dépense non prévue relève d’une désinvolture et d’un mépris inacceptables.

Gaëlle Frontoni, adjointe déléguée à l’éducation met en avant le coût trop élevé, selon elle, de cette mesure, chiffrée à 440 000 €. Elle évoque le plan d’économie engagé par la Ville de Nice. Il est à noter que :

Ces 440 000 € dépensés en 2025 par la Ville de Nice ont bénéficié à 18 000 élèves en écoles publiques et 4 000 élèves en écoles privées sous contrat. Or personne n’a demandé une distribution aux élèves d’écoles privées, mais uniquement une distribution aux élèves de l’école publique.

  • Ces 440 000 € représentent bien peu sur l’ensemble du budget municipal de fonctionnement, qui s’élève à plus de 600 millions d’euros.
  • La dépense publique ne doit pas être analysée uniquement à court terme (ce que coûte la lutte contre les inégalités sociales à l’école et, ici, la distribution de fournitures) mais à long terme (ce que coûte la lutte contre le décrochage et l’échec scolaire).
  • On ne réalise pas d’économies en plombant la scolarisation et donc l’avenir de nos enfants.
  • Mme Frontoni évoque également le financement des crédits pédagogiques gérés par les enseignants. Or ce ne sont pas aux enseignants de gérer les difficultés sociales des élèves et de décider quels élèves doivent bénéficier de quelles aides.

Nous demandons au maire de Nice de revenir sur sa décision : un accès gratuit et égal à l’école publique pour tous les enfants n’est pas une option, c’est un droit.

Nice, le 7 août 2026

Signataires : les associations AdN, Cent Pour Un 06, Habitat et Citoyenneté, Roya citoyenne, Tous citoyens et le Réseau Education Sans Frontières 06