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Urgence à Vintimille : le camp de la Croix-Rouge fermé.

Malgré la mobilisation franco-italienne de dimanche dernier (26 juillet), à laquelle a participé AdN, le camp de la Croix Rouge à Vintimille ferme définitivement ses portes vendredi 31 juillet. Sur place, de nombreux et nombreuses exilé+es continuent d’arriver, et la situation s’aggrave de façon dramatique. Il y a urgence à les aider.

Les 30 personnes encore présentes dans le camp on étté transférées dans les CAS(Centro Accoglienza Straordinaria) .
Le CAS représente un service de premier accueil temporaire qui garantit la nourriture, le logement, l’argent de poche, l’éducation, la santé et l’assistance juridique, la médiation linguistique et culturelle, l’orientation vers le monde du travail, aux bénéficiaires qui ont demandé l’asile en Italie. Les services sont fournis par la coopérative dès l’envoi de la préfecture de juridiction territoriale.
-Le premier traitement médical de base ou d’urgence
soutien psychologique
-orientation vers les services accessibles dans la région
-cadre juridique et assistance dans le processus de demande d’asile politique, assistance juridique éventuelle en cas d’issue négative (refus) de la Commission territoriale pour la reconnaissance de la -protection internationale
-enseignement de la langue italienne et cours d’alphabétisation préparatoires au niveau A1 du cadre européen commun

Lecture : Les Sentinelles – chroniques de la fraternité à Vintimille.

Cela fait plus de cinq ans que la frontière franco-italienne est désormais fermée à ceux et celles prétendant à une vie meilleure dans notre pays, ou plus loin sur la route. Cette tranche d’histoire est l’objet de ce livre co-écrit par Teresa (de l’AdN) et Aurélie (journaliste), aux éditions Max Milo. Vous y trouverez également des contributions de Enzo Barnaba, Philippe Jérôme et André Tosel, ainsi que des illustrations de Baudoin, Ernest Pignon-Ernest et Jacques Ferrandez. Toutes les infos sur la sortie et les présentations du livre en librairie sur la page Facebook. N’hésitez pas à la partager et à commander l’ouvrage chez votre libraire !

Extrait de la 4ème de couverture : Vintimille, ville-frontière italienne, supermarché des Azuréens en quête de cigarettes à prix cassé, s’illustre pour une autre spécialité : le transit de migrants. Fuyant l’horreur des zones de conflits ou la brutalité des dictatures, ce sont des milliers de jeunes hommes, femmes et enfants qui trouvent refuge dans cette ville balnéaire et ses montagnes environnantes. Pour leurs venir en aide, de nombreux citoyens, connus ou inconnus, boulanger ou retraité, princesse ou ouvrier, anarchiste ou curé, se mobilisent. Ils collectent des vêtements et de la nourriture, manifestent avec les réfugiés, dénoncent l’illégalité de pratiques policières et beaucoup doivent se défendre devant les tribunaux. Dans ce journal de bord, Teresa Maffeis et Aurélie Selvi souhaitent leur rendre hommage en racontant l’histoire de la fraternité que ces insurgés écrivent depuis cinq ans.

Quelques réactions de lectrices et lecteurs

Raphaël: Il faut lire ce livre. La façon dont les autorités ont réagi à l’arrivée des migrants est révoltante et même souvent illégale, puisqu’un préfet a été plusieurs fois condamné par la justice pour le traitement qu’il a réservé à des mineurs. Mais des dizaines de citoyens, parfois des militants de longue date, parfois des personnes qui s’engageaient pour la première fois, ont fait preuve d’une grande solidarité envers ces personnes qui en avaient bien besoin ; ça, c’est réconfortant. Le livre raconte ces deux aspects, ainsi que le combat judiciaire que de nombreux solidaires ont dû mener. Après sa lecture, on se sent donc à la fois révolté et réconforté, mais surtout éclairé.

Patricia : Lire ce livre a été un parcours difficile mais qui ouvre les yeux à la réalité. Merci Teresa et aussi Aurélie. Je vous conseille de le lire, il vous touche au cœur et vous fera beaucoup de bien.

Bea : J’avais tremblé en ouvrant ce livre ; dérouler la pelote de ces cinq dernières années m’émouvait au delà du raisonnable. Aucun des évènements et des acteurs cités ne m’étaient inconnus. Intimement persuadée que ma place aurait dû être à cet endroit devenu frontière, j’avais été avec, tout en étant hors de l’essentiel , être parmi. Cet ouvrage s’adresse aussi fraternellement à nous, les absents. Merci pour cela.

Caterina R : Ho letto “Les Sentinelles”: grazie per la raccolta di testimonianze, la concretezza, il far emergere l’impegno di tanti che, se frequenti conosci, ma altrimenti non si vede o si vede solo in parte. Spero ci possa essere presto una traduzione italiana.

 Agnes L : Un petit mot juste pour dire que j’ai trouvé ce livre très bien (je viens de le lire), très juste, touchant sans misérabilisme… Bravo pour tout ce boulot d’écriture et pour le reste aussi bien sûr, c’était intéressant de se replonger dans l’histoire du point de vue des gens, complémentaire de l’histoire du point de vue des chercheurs.

Loic : Être dans le train entre Breil et Nice en début de lecture des Sentinelles de Teresa Maffeis et Aurelie Selvi lorsqu’à Sospel les FDO traversent le wagon, te fixent rigoureusement afin de déterminer la « validité » de la couleur de ta peau, appliqués à déjouer les pièges potentiels du port du masque obligatoire et du manque de lumière matinal ; ça donne une toute autre dimension à la lecture de l’ouvrage. Le sens des mots et les émotions qu’ils procurent se décuplent. J’espère qu’un jour ceux qui liront ce livre en se rendant au travail ne vivront plus la réalité retranscrite et pourront confortablement se dire : « quelle époque médiocre et absurde. »

Serge : Des frontières et des hommes – Voilà un petit bouquin qui fait du bien. D’abord , surtout et avant tout, en donnant un visage à ces personnes qu’on regroupe sous le vocable de « migrants », gommant ainsi des individus, des parcours niés dans leur singularité humaine. Les auteures nous livrent la chronique d’une action solidaire fondamentale, le récit des batailles militantes, juridiques, politiques ou policières, la triste comptablité des vies perdues sur le chemin de l’espoir. Mais elles nous livrent aussi des portraits touchants parce que vrais. Ainsi de ce jeune homme s’écroulant d’épuisement dans son blouson fashion, mais trop grand pour lui ; de ces gamines qui adoptent comme papa le cuistot du refuge, lui offrant, après une vie difficile (c’est un ancien migrant calabrais, tant la scission pays riche/pauvre peut parfois s’inscrire dans les propres frontières d’une nation) un peu de joie contre son dévouement … Il ne s’agit pas de sensiblerie ni de misérabilisme : juste d’une leçon d’humanité et d’optimisme entêté. Peut-être aussi l’occasion de réfléchir à cette absurdité d’ériger des frontières (qui officiellement n’existent pourtant plus) pour « protéger » une Europe vieillissante de ce qui est sûrement une chance pour elle : un sang neuf, des citoyens courageux (il en faut quand même pour quitter son ciel, son pays, les siens) et plein d’espérance. La jeunesse, l’espoir et le courage, est-ce trop pour nous ?

Revue de presse

Lourdes condamnations de militants à Nice / Violences policières.

Nous étions nombreux et nombreuses devant le tribunal de Nice, pour soutenir nos amis accusés pour outrage, rébellion et violence envers les forces de l’ordre lors d’une manif le 9 mai 2019. L’audience commencera vers 18h, pour un verdict rendu à minuit : Olivier 6 mois de prison avec sursis ; Delphine, Alec et Dany 2 mois avec sursis chacun. S’ajoutent des dommages et intérêt pour six des sept des policiers à hauteur d’environ 7000 euros. La secrétaire départementale du syndicat Alliance Police Nationale a été déboutée à titre individuel de sa demande de partie civile.
Les avocats font appel

Agression d’étudiants par un commando nationaliste à la Fac de Nice.

L’association A.D.N  créée à Nice en 1991 pour  lutter contre les idées véhiculées par l’extrême-droite apporte tout son soutien aux étudiants agressés par un  commando d’extrême droite à la fac de lettres de Nice mardi 1 septembre dans l’après midi.
 
Nez cassé, contusions et hématomes sur le campus Carlone. Ce mardi après-midi, des étudiants antifascistes ont été violemment agressés par un commando nationaliste à la fac. Des membres du syndicat étudiant Solidaire ont été passés à tabac par des militants extrême droite. Deux d’entre eux ont été blessés, dont l’un sérieusement.
« On tenait un stand d’information. Ils nous ont foncé dessus. Ils étaient six, sept, huit peut-être, habillés en noir, masqués avec des lunettes de soleil. C’était un commando », témoigne Maxime.  » Ils ont renversé notre table, volé notre banderole antifas et molesté nos camarades ».
« Ils se sont rués sur nous, c’était brutal et subit, on n’a pas pu se défendre. Une camarade pleurait, un autre saignait », ajoute Quentin. Lui, boîte et souffre d’une fracture du nez ».
son état a nécessité un passage aux Urgences de Pasteur 2.
L’agression a été revendiquée sur la page Facebook « Ouest Casual officiel », tenue par les « Zouaves Paris », des nationalistes révolutionnaires qui multiplient propagande et actions violentes.

« Ce groupe est connu pour être l’un des plus radicaux. Cette attaque de l’extrême droite en plein milieu du campus est très grave « , alerte Maxime qui va porter plainte.

La faculté a également a fait savoir qu’elle allait déposer plainte : « En contact avec les forces de police pour retrouver rapidement les auteurs de cette agression, notamment grâce aux caméras de surveillance, Université Côte d’Azur tient à exprimer sa condamnation la plus ferme face à de tels comportements inadmissibles, qui sont la négation même de ce qu’est l’Université et des valeurs qu’elle défend ».
Solidaires Etudiant-e-s lance un appel de rassemblement aux étudiant.e.s, associations, collectifs, etc, le prochain jeudi 10 septembre à 17h00 sur le parvis de Carlone.

(Photos : Solidaires Etudiant-e-s Nice)